Dossier spécial 1 : Le mystère des " Dents du Diable" (Ardèche)

 

Le Mont Mézenc
 

C’est dans la région du Velay dominé par le mont Mézenc (1754 m d’altitude), sur ces terres volcaniques, que de mystérieuses forces se manifestent depuis des siècles. Dans cette région isolée, les superstitions se mêlent aux croyances religieuses. On dit que Satan aurait planté ses crocs au lieu dit des « Dents du diable ». Trois rochers forment cet endroit mythique : « la Grosse Roche », « la Dent Pointue » et le « Chastelas ». Depuis l’antiquité, la région est désignée comme un « locus terribilis » (un lieu terrible).

Des témoignages datant de 1420 ont été retrouvés relatant l’apparition d’objets volants en forme de croix ou d’étoile de feu. Toujours au Moyen-Age, un village aurait été entièrement détruit par des pluies de pierres, de feu et de crapauds. Avec le temps, les gens ont sans doute déformé ce qui devait être une éruption volcanique !

 Le 29 août 1975, vers Laguiole, plusieurs personnes ont déposé leurs témoignages à la gendarmerie déclarant avoir vu des formes étranges dans le ciel, certains relatent une rencontre du 3e type avec un être d’un mètre cinquante ! En mars 1985, les habitants de la région signalent que leurs téléphones sonnent frénétiquement dans le vide. Puis dans plusieurs fermes, l’électrocution de vaches alors qu’il n’y avait pas d’orage, l’apparition de boules de feu… Alors que se passe t-il dans la région des « Dents du Diable » ?
 

La Table d’Or « pleine de lueurs » 

Beaucoup de rumeurs courent sur cette légende, ainsi pour Jean Peyrard « la Table d'Or » des

« Dents du Diable » marquerait l'entrée d’une porte dimensionnelle, un vortex terrifiant, perturbant les circuits électriques, déréglant les instruments de vol des avions ? ».  Mais que disent les récits populaires sur ce trésor ?

 

Le trésor des druides


La légende veut qu’un pouvoir sacré, fût enseveli dans les terres d’un oppidum celtique par les gens de Velay. Il s’agirait de l’Or des druides, la mystérieuse Table d’Or ! Le trésor aurait été volé au sanctuaire d’Apollon à Delphes et ramené par les tribus vellaves. Face aux mystérieux pouvoirs de la Table d’ Or, les druides auraient voulu protéger le secret en l’enfouissant dans les ruines du « Chastelas ».  L’objet serait aussi capable de produire de puissantes vibrations capables de désorienter l’homme.

 

La légende de Noël


D’après la tradition orale,  c’est à proximité du château le « Chastelas » que le diable garde un fabuleux trésor. Un pacte avec les habitants désireux d’obtenir la richesse aurait été conclu. Au douzième coup de minuit, le jour de Noël, une Table d’Or apparaît entre les deux dents du Mézenc. Au centre de la table siège le diable métamorphosé en crapaud. Pour s’emparer du trésor, il faut jeter un nouveau né dans la gueule du batracien.
 

  Les ruines du château le "Chastelas"


Le Triangle de la Burle*
 

* La Burle : Le vent du Nord tant redouté des habitants qui souffle l’hivers sur les plateaux de Velay, d’Ardèche et du Forez est ainsi nommé. Ce vent est particulièrement violent et soulève la neige provoquant d’énormes congères de plusieurs mètres d’épaisseurs. Les habitants du pays octroient à la Burle des pouvoirs magiques souvent destructeurs.


Le cimetière des avions

On dénombre une cinquantaine de catastrophes aériennes survenues dans un secteur situé entre le Mont Mézenc, le Puy-en Velay et le Mont du Pilat.

La série des accidents d’avions commence en 1943 avec la chute d’un bombardier Halifax venu approvisionner les résistants. Le seul rescapé, un mitrailleur, raconte que l’avion pris de remous ne répondait plus aux commandes, une soudaine chaleur suivie d’un froid glacial envahit l’appareil avant de s ‘écraser. Des témoins racontent avoir vu l’avion tourner en rond entouré de petite feux multicolores de position. Inconcevable pour une mission en pleine seconde guerre mondiale !

 

 

le C47 dakota en 1944 

 

Le 13 mai 1948, l’avion emportant la sœur de John Kennedy ; Kathleen Kennedy Cavendish s’écrase au lieu nommé autrefois « Terre des loups ».

Et la liste s’allonge ainsi jusqu’à nos jours (voir les articles des journaux locaux dans la bibliographie).

On note toutefois des étrangetés comme le 18 septembre 1980 et en février 1981 où plusieurs personnes de différents villages appellent les brigades locales pour porter secours à deux avions en détresse. Les gendarmes mobilisés sur les lieux supposés des crashs n’ont jamais rien trouvé. L’enquête sera classée sans suite.

 

Des phénomènes inexpliqués


Les pilotes qui ont survolés la zone déclarent que leur appareils de navigation subissent des perturbations. Tous parlent d’une force magnétique liée aux terres volcaniques.

Outre la multitude d’accidents d’avions sur une zone aussi restreinte (15 km 2 ), le plus étrange, c’est que toutes ces catastrophes sont précédées de phénomènes troublants notamment des boules lumineuses qui poursuivent les carlingues en perdition.

Ainsi en 1965, lors du crash de deux F 104 près des Dents du Diable, deux témoins rapporteront avoir vu les avions poursuivis par 6 petites sphères rosâtres. Même chose pour l’accident en juin 1969 d’un Jodel suivi par des « cigares volants et bourdonnants » dirent deux agriculteurs. Eb avril 1970, la chute d’un Mystère IV est accompagnée d’un « ballet de boules lumineuses surgies du Rhône ». Le 1er juin 1971, à l’endroit où apparaît régulièrement

 « des machines volantes et soufflantes » selon les habitants de St Front, un CESSNA s’écrase.

A l’heure actuelle aunes explications n’a été donné  sur ces apparitions. Le GEIPAN (groupe d'études et d'informations sur les phénomènes aérospatiaux non identifiés) enregistre encore

des témoignages déposés à la gendarmerie.


Des légendes païennes réappropriées par la christianisation perdurent dans cette région dite des « Dents du Diable » à la frontière de l’Ardèche et de la Haute-Loire. Une terre sauvage, isolée où la magie de cette tradition orale perdure. L’existence d’un Trésor fabuleux n’aurait rien de troublante sans cette accumulation de catastrophes aériennes et de témoignages à travers le temps. Force magnétique ? Relief dangereux ? Météorologie changeante ? Ou véritables phénomènes surnaturels ? Bien des lieux en ce monde inspirent l’effroi et font travailler notre imaginaire. Mais rappelez vous ce que disait André Gide, « Il est bien peu de monstres qui méritent la peur que nous en avons »

 
 

S.H.M

 

Bibliographie :

 

Sites web :

-          http://www.mezenc-terredelegendes.com/

 

Ouvrages :

-          Garnier V., « Les Dents du Diable et autres histoires de l’Ardèche », Editions du Rocher, Coll. Mystère des provinces, 2001.

-          Peyrard J., « Le Triangle de la Burle, Bermudes en Cévennes », Créer, Coll. Littérature-témoignages, 2007.

 

Articles :
 

-          Paru dans le journal « La Tribune - Le Progrès » (Haute Loire),septembre 2000,
 

Le nouvel accident d'avion survenu ce mercredi 6 septembre 2000 sur le secteur du Burzet apporte de l'eau au moulin de l'écrivain et journaliste Jean Peyrard qui, dans un ouvrage intitulé «Le triangle de la burle», il évoquait y a quelques années le mystère de la fatalité qui fait se multiplier les tragédies aériennes autour de la montagne cévenole.

L'aviation militaire, notamment a payé un lourd tribut aux conditions météorologiques et physiques de ce secteur au relief tourmenté. Parmi les accidents les plus graves, on peut citer : 
- 06 septembre 1980, 8 morts dans un appareil Kowétien frappé par la foudre au dessus de l'Ardèche.
- en mai 1971, sur St Front, un Cessna qui revenait de Fréjus s'est écrasé dans le brouillard, avec 4 morts au bilan. 
- en janvier 1971, un «Nord 262 », transportant 21 personnes, dont des savants atomistes, percute la montagne de Mezilhac sur le versant ardéchois du massif. Il n'y a pas eu de survivant.
- en septembre 1969, un avion à réaction s'est écrasé au sud du Béage, sur le Cros de Géorand, provoquant 2 morts.
- en décembre 1964, deux « Mystères IV» se heurtaient au dessus du Mézenc en plein vol et explosaient. Les deux pilotes avaient été tués.
D'autres accident ont eu lieu dans les parages, avec un «Régent» de l'aéro-club d'Angoulême, avec deux morts près de Devesset et un « DR 400 » de l'aéro-club de l'Hérault qui provoqua 4 morts près de Montpezat. 
Plus près de nous, le crash d'un avion de tourisme a eu lieu aux Estables en mai 1991, au sommet du mont Allambre, avec trois morts, suite à un changement de cap. 
À chaque tragédie on reparle du «triangle noir », ou «le pot au noir », qui prend à la gorge les avions qui semblent soudain mis en déroute. Jean Peyrard souligne aujourd'hui qu'un pilote d'avion lui a expliqué le fait qu'il existe des effets magnétiques curieux au dessus du Mézenc et du Gerbier de Joncs, qui tendent à dérégler le matériel de bord. 
L'assimilation des faits avec le triangle des Bermudes à fait couler beaucoup d'encre. 
Près de Mézilhac, en 1981, c'est la chute d'un avion britannique qui avait également fait plusieurs morts.
En mars 1996, un Piper Aztec est également disparu au dessus de la zone du triangle de la burle, perpétrant une fois de plus le mystère. On ne compte plus également les atterrissages de fortune comme Esclades et Rieutord. 
Puis le 24 décembre 1996, un avion de tourisme atterrit violemment entre Sagnes et Goudoulet sur une zone marécageuse, nouvel incident au pays de la Burle.
À n'en pas douter, la tragédie aérienne d'hier, qui s'est d'ailleurs déroulée à un jour près avec celle de 1980, alimentera une nouvelle fois la chronique du monde de l'étrange, alors que Jean Peyrard s'apprête justement à sortir un deuxième tome au Triangle de La «Burle». 


-          Paru dans le journal « La montagne » n°387, juin 2007, Article « Nouveau crash Mortel dans le Triangle de la Burle »


M. Georges Rocin nous apprend qu’ un accident d’avion s’est produit dans le « Triangle » à Sainte-Eulalie, à soixante kilomètres du Mont Mézenc, deux jours plus tôt. Les trois occupants, de nationalité allemande, ont péri dans l’accident.

-          Paru dans le journal « Le Quotidien de Haute Loire », 22 septembre 1954, Article « Un cigare volant sur Annonay » 


Jeudi dernier, à 12h15, M. Vialon, retraité des chemins de fer, demeurant à Annonay, se préparait à prendre son repas lorsque son petit fils, âgé de sept ans, qui jouait dans le jardin, lui cria "viens vite voir la soucoupe volante." M. Vialon sortit aussitôt et le spectacle qu'il vit ne fut pas sans le surprendre. Voici le récit qu'il en a fait: "Dès que je fus sorti, j'aperçut dans le ciel, se déplaçant silencieusement, dans la direction du nord/sud, un appareil allongé que j'aurais sans doute pris pour un avion s'il n'avait été suivi par une traînée blanche, nettement plus long que lui, peut être huit à dix fois sa longueur, et qui, contrairement à celle produite par certains avions, conservait sa forme rectiligne dans le prolongement de l'engin et gardait toujours la même dimension. La vitesse de cette étrange machine était inférieure à celle des avions qui passent régulièrement et, à l'avant, on distinguait, par instants, une sorte de disque brillant ressemblant à des reflets de soleil sur une partie métallique. Cet appareil mit environ trois à quatre minutes pour traverser le ciel d'Annonay. Puis brusquement, à l'instant où il approchait de la limite de mon champ de vision, il piqua à la verticale et disparut. Pendant cette plongée, la traînée blanche prit immédiatement sa place dans le prolongement de l'appareil et à aucun moment, elle ne s'effilocha dans le ciel comme une traînée habituelle que l'on voit dans le sillage des avions."

-          Paru dans le journal « Le Quotidien de Haute Loire », 23 septembre 1954, Article « Un cigare volant aurait été vu samedi dans le ciel du Puy »


Samedi, entre 17h et 17h30, alors qu'il était à l'une des fenêtres de l'appartement qu'il occupe, au deuxième étage d'un immeuble de 1a rue des Tables, au Puy, M. Breysse, représentant de commerce, a pu observer (comme d'ailleurs plusieurs de ses voisins) le passage d'un mystérieux engin, dans l'horizon situé pour lui, entre Vouzac et la Denise. Cet engin, qui paraissait très éloigné, se déplaçait lentement. Affectant la forme d'un cigare coupé en deux, il avançait le coté pointu à l'arrière. Une fumée s'est échappée un court instant de cet appareil qui brillait au soleil couchant et paraissait légèrement doré. Aucun bruit n'a été perçu par M. Breysse, mais celui-ci, qui d'ailleurs précise qu'il ne pouvait s'agir d'une illusion, ajoute qu'étant donné l'éloignement apparent, aucun bruit ne pouvait lui parvenir. Enfin! Le Puy a son cigare et nombreux seront ceux qui envieront M. Breysse de l'avoir aperçu.